Végétarien, victime ou coupable de la "végéphobie"?

  • Pourquoi parle t-on de plus en plus de “végéphobie”? Est-elle exponentielle à la croissance du nombre de végétariens dans notre pays? Mais si on parle de phobie c’est qu’il y a bien des incompréhensions et faisons nous alors preuve d’empathie face à ceux qui nous attaquent? Ne pouvons nous pas envisager que c’est peut-être nous qui les attaquons? On a peut-être oublié ceux que nous étions: comme eux.

     

    Afin de ne pas attiser cette peur du végétarisme, je crois qu’il est fondamentale de se rappeler qui nous étions pour mieux nous comprendre nous-mêmes et ainsi mieux comprendre l’autre pour finalement se faire comprendre.

     

    N’oublions pas notre histoire et nos origines et nous pourrons changer notre monde sans incidence. Pour nous faire accepter il faut, non pas nous justifier mais expliquer notre vision des choses dans le but de nous faire connaître et non pas dans celui de faire admettre qu’on a raison. L’agressivité appelle l’agressivité mais la douceur appelle la douceur!

     

    Commençons par comprendre la réaction des omnivores quand on leur dit que l’on est végétariens; ils ne prennent tout simplement pas le temps de nous écouter. Ils peuvent bien nous laisser parler mais leur verdict est déjà tout prêt, nous sommes déjà condamnés. Pourquoi? Parce qu’ils ont peur, ils se mettent en mode défensif puisque nous écouter serait alors admettre que nous avons raison et qu’ils ont tort. 

     

    La mauvaise attitude a adoptée serait de nous mettre nous mêmes sur la défensive mais continuons plutôt à croire que peut-être, un jour, notre témoignage positif et optimiste pourrait avoir un impact dans le processus de changement de notre interlocuteur.

    Soyons honnêtes, même si nous ne tentons pas de faire du prosélytisme, au moment où l’on dévoile ses préférences on fait des jugements de valeurs. On ne le fait pas exprès, consciemment, volontairement mais c’est pour cela que généralement omnivores et végétariens ont du mal à communiquer.

     

    Si on parle de “végéphobie” c’est parce que ce mouvement végétarien tend à renverser et chambouler toute une culture, un patrimoine, une économie et un système. De façon plus individuelle cela bouscule les croyances et les valeurs d’une personne qui n’est tout simplement pas encore préparée à changer. 

     

    Nombreux sont ceux qui n’ont pas eu la chance de naître dans des familles végétariennes, on est souvent sorti de notre mode de vie carnée après des réflexions que nous avons pu faire suite à des rencontres, des expériences, des recherches, des actions de sensibilisations et cela aussi est une chance mais nous n’en sommes pas conscients et c’est dommage car cela nous aiderait à mieux vivre notre végétarisme sans nous mettre nous-même en mode offensif. 

    Communiquer ne consiste pas en un rapport de force, c’est comprendre autrui et lui laisser le droit d’exister suivant ses choix et ses valeurs. 

     

    Chaque camp a sa part de responsabilité dans cette “végéphobie” mais nous ne sommes pas obligés de l’alimenter. 

     

    Je pense que c’est une chance pour certains d’avoir eu un mode de vie végétarien dès leur enfance mais je pense aussi que j’ai eu une chance d’avoir une expérience carnée avant de choisir de devenir vegan en toute conscience. Cela m’aide maintenant à comprendre ce que les gens pensent et comment ils fonctionnent. 

     

    Quand je fais face à une personne agressive (le plus souvent je le sens par des railleries incessantes, un ton déplaisant et sarcastique, de mauvaises allusions et des propos dévalorisants et indirects) je ne réponds pas par de l’agressivité car je me souviens alors de moi quand j’étais à leur place. Il n’y a pas à se persuader que c’est du temps de perdu, que l’on vaut mieux qu’elle ou qu’on doit se forcer à prendre sur nous pour le bien de notre vie sociale. Si vous prenez le temps d’y réfléchir et de vous rappeler votre vie d’antan, c’est à ce moment que vous pourrez faire preuve d’empathie. Vous ne vous sentirez nullement brimés car vous comprendrez sur le coup que comme vous l’avez fait un jour, chaque personne change quand elle est prête et qu’elle le veut. C’est aussi à partir de ce moment que l’on arrive à admettre que parfois les gens ne changent pas et qu’on n’y peut rien. 

     

    Notre monde va changer mais nous ne serons peut-être plus là pour le voir. Cela va prendre du temps; Rome ne s’est pas construite en un jour et blâmer notre société et la juger déplorable comparé à d’autres pays plus “avancés” sur le végétarisme comme l’Inde par exemple, n’a rien de constructif pour nous-mêmes ou pour notre cause. 

Commentaires

1 commentaire
  • Sirius Gaïa
    Sirius Gaïa Il est certain que ce n'est pas avec le mépris que nous pourrons montrer notre point de vue, le faire comprendre et le faire accepter. Ca me fait penser un peu au principe de l'ahimsa ( non violence ) de Gandhi. Si nous voulons que quelque chose change da...  Plus
    20 mai 2013 - 1 aime ça